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Sauver l’âme des enfants avec des médicaments lorsque ce sont les parents qui doivent se soigner
3 juillet 2017 Sandra Lacombe

Sauver l’âme des enfants avec des médicaments lorsque ce sont les parents qui doivent se soigner

Publié dans Désapprendre pour réapprendre (version 2.0)

Il y a fort à parier que je ne me ferai pas applaudir pour ce nouvel article, mais lorsqu’une constatation se transforme en une réalité sociale répandue, on doit s’éveiller comme collectivité et agir au nom de nos enfants et de leur futur.

Peu de professionnels de la santé mentale se soulèvent contre cette calamité qui frappe nos enfants aujourd’hui : les médicaments visant à aider à maîtriser les difficultés de comportements. Les méthodes traditionnelles, tout comme certains contournements aux méthodes d’éducation traditionnelles qui nous paraissent séduisantes, mais qui visent toujours à corriger l’enfant, sont même encouragées par toute une gamme d’experts (psychiatres, psychologues, médecins, enseignants et toute la panoplie d’aidants certifiés). Tous vous diront : « C’est incroyable! C’est épouvantable! Regardez le nombre de cas souffrant de troubles du comportement et de la personnalité grimper en flèche! » Eh oui, ils seront outrés, choqués, dépassés… Pourtant, personne ne semble véritablement agir. Personne ne semble poser un regard véritable sur la question. On pointe du doigt la génétique, on est incertain, on continue le travail de recherche… Oui, bien sûr, la génétique joue sur ce que nous sommes. Elle nous donne des prédispositions à certaines maladies et même à certains comportements humains, elle nous donne des traits de caractère, elle nous donne un corps différent les uns des autres… La génétique à son mot à dire. Mais! Là s’arrête le travail du praticien.

Allez en cabinet ou à l’école pour constater comment se passent les rencontres prévues à analyser ces enfants embarrassants. Vous serez bien accueilli par un comité de gens tous spécialisés en enfance (le pédopsychiatre, l’infirmière du pédopsychiatre, la thérapeute dédiée à l’enfant, l’enseignant, la directrice d’école, sans oublier les deux parents et l’enfant). Ils iront vous faire faire de multiples tests, aux enfants comme aux parents, ils se lanceront dans d’infinies rencontres avec l’enfant si problématique, ils rencontreront les parents, ils feront des suivis individuels et de groupe pour finir par établir un constat bien fignolé de la situation. Le diagnostic sera enfin posé : votre enfant souffre de XYZ ou de ZYX ou du fameux YXZ. Aaaaaah, mais quel soulagement! Vous voyez qu’il est malade cet enfant!

Ensuite?

Ils expliqueront aux parents comment le cerveau de l’enfant fonctionne à cet âge, ils leur donneront une marche à suivre pour améliorer la vie de l’enfant, ils les guideront avec des trucs et des conseils, ils tenteront de voir d’où provient le problème dans la famille, ils regarderont votre propre enfance… Un travail colossal bien ciselé par des experts, des chercheurs et des gens diplômés de partout sur la planète pour qu’en fin de compte on suggère aux parents de droguer l’enfant, de l’envoyer dans une école ou une classe spécialisée. On fera un travail supplémentaire en suggérant aux parents de suivre une thérapie personnelle au besoin si l’on s’aperçoit qu’ils sont troublés également… Des heures et des heures de rencontres, de thérapies, de travail effectué par des dizaines d’experts sans jamais, ou rarement, toucher l’essence du mal et sans jamais enseigner aux parents autre chose que des trucs et conseils pratiques. Parce que c’est bien connu, on ne peut forcer un adulte à se regarder dans la glace… mais un enfant, ah, ça oui! On le force même à le faire.

Si on regardait tout ceci avec un regard conscient

Le travail n’est pas mauvais en soi. Comment blâmer tous ces gens qui cherchent à aider? Mais, dans ce monde inconscient, vivent des personnes inconscientes. Les gens qui cherchent à nous aider peuvent eux aussi vivre dans un état d’esprit inconscient, enfermé dans l’ego et soumis à la culture moderne et aux méthodes traditionnelles que l’on enseigne jusqu’à l’université. Au lieu de concentrer les recherches sur la source réelle du mal, l’essence du malaise général, ils identifient les comportements, leur trouvent un nom, tentent de trouver des solutions dans la façon d’éduquer et, pour alléger la tâche du parent qui « travaille fort pour éduquer son enfant », drogue l’enfant pour, soi-disant, améliorer son comportement.

Le parent retourne à la maison, peu informé, croyant que l’enfant est brisé, cassé ou génétiquement programmé pour réagir de la façon dont il le fait. Il aura comme mission d’apprendre à vivre avec un enfant aux comportements différents. Il sera prié de consulter un spécialiste qui le fournira en trucs et conseils basés sur la vision du parent qui, pour ce dernier, examinera sa réalité dans son état inconscient. Il étalera sa réalité selon sa vision biaisée et ainsi continuera le cercle vicieux des troubles de comportements de la société. Aïe! C’est ici que je me fais détester, non? Peut-être bien avant, mais pour ceux qui sont toujours avec moi, poursuivons!

Restez avec moi, je vous en prie. Nous sommes tous dans le même bateau. Bien que cette description semble lourde de jugements, elle vise à permettre une prise de conscience.

Ainsi va le parent à la maison, outillé de manière à pouvoir étiqueter son enfant avec le nom d’une maladie — nom que devra porter lourdement l’enfant qui se créera une nouvelle réalité, se sculptera une histoire personnelle et taira sa voix intérieure au détriment de quelques lettres qu’on lui aura collées au passage. Cette nouvelle définition dont on aura obtenu le nom de valeureux chercheurs deviendra ce en quoi il croira et ce qu’il deviendra par la force de cette croyance.

Dans tout ce brouillard d’inconscience, personne ne cherchera à travailler à élever le parent vers une vie intérieure saine. On le remarquera peut-être, mais jamais on n’osera lui dire, car de toute façon, est-ce qu’on écouterait, nous les adultes, si l’on se faisait pointer du doigt?

Personne ne remarquera que les parents vivent dans un chaos organisé qui pèse lourd sur les épaules de nos enfants. On trouvera même normal de vivre dans ce monde axé sur la performance, la vie extérieure au Soi, la peur et l’ego. L’emploi du temps qui défile dans la tête des adultes, le fantasme de l’enfant idéal, les méthodes d’éducation de la culture moderne, les mauvaises habitudes transmises de génération en génération sont tous les grands responsables d’une société malade. Pourquoi? Parce que tout ceci mène tout droit vers l’inconscience. On ne fait que réagir comme un automate guidé par des pulsions émotionnelles. Nos comportements ne sont jamais examinés d’un point de vue extérieur. Les comportements des enfants ne sont jamais vus avec le cœur. Nous sommes rarement en mode neutre — là où la VRAIE réponse se trouve. Nous sommes en mode réaction et déni!

Les enfants vont montrer des comportements qui correspondent exactement à tout un spectre de symptômes dont nous nous régalerons pour sauver notre ego et refuser de voir que notre mode de vie extérieure et intérieure est sans équivoque malsain pour l’humain qui baigne dans une folie constante. On répondra à ceci avec une dose de médicaments bien mesurée, persuadé que la cause de tous ces maux se trouve ailleurs qu’en nous. On ne réalise tout simplement pas que tous ces symptômes sont le fruit d’un mode de vie chaotique, naissant d’une société malade prête à tout pour se faire voir, entendre et comprendre. Le sens du Soi de toute une société sera détruit parce que justement, à l’âge de l’enfance, elle n’aura pas été vue, entendue et comprise. La société créera des enfants anxieux, stressés, autoritaires, intimidateurs, bruyants, menteurs, voleurs, perdus, criards… parce qu’elle traînera avec elle le poids du passé.

Je ne dis pas que les troubles de comportements sont inexistants. Je dis que personne ne semble travailler à la source du problème. On préfère sauver notre ego, celui des adultes, plutôt que de voir la réalité et travailler à modifier les comportements des adultes qui vivent entourés d’enfants déjà parfaits. On croit que ce sont les enfants qui doivent être « réparés ». À mes yeux, ce sont les parents qui doivent être « réparés ».

Parents, ensemble, devenons conscient que nos problèmes sont la genèse des problèmes de nos enfants. Ensemble, soignons-nous pour faire de ce monde un monde meilleur.

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