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Mais qu’arrive-t-il aux parents d’enfants sportifs?
13 janvier 2017 Sandra Lacombe

Mais qu’arrive-t-il aux parents d’enfants sportifs?

Publié dans Amour & estime de soi, Désapprendre pour réapprendre (version 2.0)

Chers parents d’un enfant sportif,

Je m’adresse à vous avec une grande compassion. Vous avez à cœur vos enfants, et ça se voit. Vous êtes debout à des heures impossibles pour être sur le terrain tôt le matin, vous jouez le rôle d’entraîneur après le boulot, vous écourtez vos moments de paix pour que vos enfants développent un esprit d’équipe et vous vous souciez de la forme physique de vos petits soleils. N’est-ce pas là un merveilleux dévouement? Vous avez toute mon admiration!

Dans la pratique du sport, l’enfant développe le sens de la coopération et la persévérance. Il étudie le jeu et doit faire preuve de jugement rapidement. Son corps est appelé à faire des mouvements qui sortent de l’ordinaire et qui demandent de se dépasser constamment. L’enfant sportif acquiert inévitablement des qualités et des compétences différemment de ceux qui ne pratiquent aucun sport. De façon générale, le sport est excellent!

Mais si, parallèlement, l’on saccageait tout ça?

Après avoir assisté à plusieurs rencontres sportives (sans avoir à nommer un sport en particulier), j’ai été forcée de constater qu’une grande partie des parents prennent trop à cœur ce qui se passe sous leurs yeux. Certains sont positifs, mais utilisent tout de même un vocabulaire qui détruit l’essence du jeu. Il est plutôt rare de voir des parents paisibles face au sport et qui encouragent sans critiquer leur enfant. Quant aux obsédés, ils ne sont pas majoritaires, mais font malheureusement bien des dommages.

Il est difficile de concevoir que nos paroles, qui se veulent encourageantes, aient un impact négatif sur nos jeunes. En tant que parents, nous sommes persuadés que nous tentons simplement de les aider. Nos cris et nos paroles ont pourtant un impact sur leur développement émotionnel.

Il n’y a pas si longtemps, les oreilles m’ont chatouillé et j’ai noté quelques commentaires pour éventuellement en faire un article. Si vous désirez, j’aimerais que vous lisiez ce qui suit en gardant à l’esprit que nous n’espérons aucun mal à nos enfants, mais que, peut-être, avons-nous pris de mauvaises habitudes. Détachez-vous du moment où vous vous retrouvez dans l’action et tentez de vous mettre dans la peau de nos enfants en lisant ces lignes.

  • Avance plus vite!
  • Attention, tu ne regardes pas le jeu!
  • Cours, seigneur!
  • Tu n’es pas à ta place!
  • Non, ce n’est pas comme ça que tu dois faire!
  • C’est n’importe quoi!
  • Attention, le grand va te l’enlever!
  • Position les filles/gars, position!
  • Vite, vite, vite!
  • Tu ne regardes pas ce que tu fais!
  • Ne faites pas des passes n’importe où!
  • Tu ne sais pas comment faire!
  • Ne te mets pas là!
  • Retourne à ta place!

Ce ne sont pas des phrases sorties de la bouche de parents obsédés et qui, selon moi, ne devraient même pas avoir le droit de mettre le pied autour du jeu, mais de parents, de grands frères ou de grandes sœurs qui croient bien faire. Et, disons-le, c’est le ton agressif de ces commentateurs qui rendent le tout encore plus inquiétant. Certains disent trois ou quatre commentaires durant le jeu, tandis que d’autres en font de façon constante. Peu importe, les enfants qui se retrouvent sur le jeu les entendent sans arrêt, sans différenciation de qui dit quoi et à qui. C’est un feu roulant de commentaires qui, à leurs yeux, leur sont tout droit dirigés.

Voici ce qu’ils entendent réellement lorsque nous tentons de les aider avec nos commentaires :

  • Je ne suis pas assez bon.
  • Je ne suis pas assez bien tel que je suis.
  • Tout le monde va me juger sur mes capacités.
  • Je dois jouer mieux pour ne pas être critiqué.
  • Je n’apporte pas assez à l’équipe si je ne compte pas de buts, puisque tout le monde se réjouit pour celui qui marque des points.
  • Le but du jeu est de gagner puisque personne ne semble se réjouir de nous voir nous amuser.
  • Si je ne donne pas mon 110 %, je ne mérite pas d’attention positive.
  • Les erreurs ne sont pas acceptées.

Malgré les discussions que nous avons avec nos enfants sur la saine compétition, le respect des coéquipiers, le respect des adversaires et qu’il n’est pas nécessaire de gagner pour s’amuser, tout ça vaut peu si nous sommes incapables de nous arrêter de critiquer durant et après les activités sportives.

Nous voulons prendre le contrôle. Notre corps d’adulte pourrait faire mieux, peut-être. Mais, eux ne sont que des enfants. Et, franchement, il est temps de réellement croire que ce n’est qu’un jeu. Il est temps de bien comprendre que lorsqu’ils ont terminé, il ne faut pas les inonder de « voici ce que tu aurais dû faire ».

Voici comment nous devrions agir en toute conscience et en toute circonstance

  • Cesser de critiquer les joueurs.
  • Cesser de nommer le nom de l’enfant pour le critiquer.
  • Cesser de vouloir aider nos enfants durant les exercices et les matchs
  • Applaudir davantage les efforts et moins les points marqués.
  • Encourager la coopération.
  • S’émerveiller devant l’entraide.
  • Approuver le respect des adversaires.

De cette manière, ils pourront tenter l’aventure en pratiquant de nouvelles techniques sans crainte d’échouer, cesseront d’être méchants envers ceux qui n’auront pas réussi aussi bien, seront plus motivés, respecteront davantage les coéquipiers et les adversaires, ils seront moins anxieux et auront une meilleure estime d’eux-mêmes. Et, pour terminer, ils apprendront à aimer les autres tels qu’ils sont parce que vous aurez démontré ce même respect ainsi qu’un amour inconditionnel.

 

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